En entreprise, travail et bonheur riment-ils ?

travail et bonheur riment ils ?

Si l’on en croit les défenseurs des entreprises libérées ou agiles, elles permettrait d’allier performance dans le travail et bonheur en entreprise.
Dans une vidéo « Le bonheur expliqué », Frédéric Lenoir nous donne quelques pistes sur les origines et les moyens pour atteindre le bonheur.

La quête du bonheur est un enjeu majeur pour un grand nombre d’entre nous, comment un modèle organisationnel peut-il prétendre y contribuer ?

Travail et bonheur dans l’entreprise, mythe ou réalité ?

Les derniers travaux en neurosciences nous indiquent que l’origine du bonheur serait pour :

  • 50% d’origine génétique
  • 40% lié à notre façon de percevoir le monde et à nos choix
  • 10% seulement à notre condition réelle d’existence

Plusieurs conditions seraient donc nécessaires pour accéder au  bonheur

  • Découvrir qui l’on est vraiment, c’est l’idée de l’individuation propre à la psychologie, où l’Homme pense par lui même sans le poids des conditionnements culturels ou d’éducation.
  • Aller vers la réalisation de sa nature profonde pour grandir et s’accroitre.

D’après Frédéric Lenoir, l’être le plus heureux serait l’enfant qui est en nous avant d’avoir découvert les peurs, les interdits et d’avoir expérimenter les conflits et le pouvoir.

L’adulte, lui essayerait de tout contrôler par peur de perdre, avec l’illusion qu’il peut contrôler son environnement au lieu d’écouter vers quoi la vie le réoriente.

Il indique même que la quête du bonheur ou son obsession serait, par nature, contreproductive et qu’a la place il faudrait plutôt laisser la possibilité au bonheur de s’exprimer.

Il insiste aussi sur la différence entre le plaisir et le bonheur en opposant une immédiateté du premier, pouvant mener à des abus nuisibles au bonheur, et positionne les valeurs fortes de chacun comme modérateur pour aller vers un plaisir intelligent.

D’après lui, la notion de bonheur serait aussi inséparable de notre capacité à donner à l’autre et la recherche de sens (spiritualité) serait une axe fondamental pour y parvenir.

Il oppose la culpabilité et le contrôle à cette quête de sens et nous invite à la confiance comme processus vertueux pour l’atteindre.

Que proposent elles pour allier travail et bonheur en entreprise ?

La première des choses que l’on peut constater est que ces entreprises ont basé leur fonctionnent sur la confiance en l’Homme
Un autre des fondements est la volonté de permettre l’autodétermination, de laisser à chacun la possibilité de se trouver dans l’organisation pour grandir.

Une autre caractéristique majeure que l’on retrouve, est cette envie de sortir du processus de fusion de l’individu et de son rôle pour dépasser les enjeux d’égo et lui permettre d’embrasser le changement. Ceci permet et autorise l’organisation à évoluer vers quoi l’environnement la pousse pour s’adapter et grandir.

Dans son équation de l’entreprise libérée Isaac Getz nous indique que : Liberté + Responsabilité => Bonheur + Performance

En fait, liberté et responsabilité permettraient d’accéder à des motivations durables et ressourçantes qui permettrait d’atteindre plaisir et efficacité. Ceci serait confirmé par les études empiriques de la théories de l’autodétermination.

L’on comprend ici que la recherche du bonheur ou de la performance ne sont pas la finalité mais plutôt des conséquences possibles de l’expression de la liberté de se trouver soi même et de la responsabilité de se construire dans le système de l’entreprise.

On notera aussi l’importance accordée à la vision dans ce type d’organisation où le sens est premier et la suppression du pouvoir du manager, comme outil culpabilisant, laissera la place à  la notion de servant leader au service de ses équipes pour donner les moyens de se réaliser.
Dans cette économie du savoir qu’est l’entreprise libérée, quand on donne on ne appauvri pas, bien au contraire et la générosité remplace le contrôle.

Le rapport à l’erreur est aussi profondément modifié, si l’on veut apprendre de son environnement, il faut pouvoir se tromper et l’on doit par conséquent supprimer la culpabilité pour que la responsabilité puisse s’exprimer.

Alors que la vision oriente l’action de tous, des valeurs fortes doivent pouvoir cadrer la relation aux pulsions de plaisir immédiat et potentiellement chaotiques.
Ses valeurs doivent être vécues, incarnées plutôt que prônées et ces entreprises l’on bien compris.

A mon sens, ces entreprises ont bien compris que travail et bonheur ne sont pas antinomiques, mais que le bonheur ne se construit pas de manière mécanique, qu’il ne peut pas être exigé ou visé et qu’il n’est qu’une conséquence possible si on lui laisse la possibilité de s’exprimer.

Elles ne peuvent pas avancer à la place de chacun, mais juste donner un cadre propice au développement de chacun pour leur permettre d’évoluer vers qui ils sont vraiment.

Ces structures ne sont peut être pas parfaites mais marquent une profonde rupture par rapport aux modèles traditionnels, qui pour le coup, sont loin de faire coller travail et bonheur en terme de cahier des charges en tombant dans tous les travers qui sont des freins à sa survenue.

Frédéric Lenoir nous alerte sur le fait que que nos émotions négatives nous invitent à envisager des difficultés, des obstacles sur le chemin de la découverte de qui l’on est vraiment. Si ceci est valable pour les entreprises classiques, cela l’est aussi pour les entreprises libérées qui, même si elles partent avec de meilleurs atouts par construction, ne sont pas à l’abri de récupération à fin de downsizing ou de nouvelles formes d’asservissement et de pression par le groupe.

 

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Une réponse

  1. Jacques FUCHS

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