Entreprises libérées, agiles et génération Y et Z

génération X et Y

Les entreprises traditionnelles ont beaucoup de mal à séduire la génération Y et Z. Des modèles d’organisation alternatifs émergents ont-ils de meilleurs arguments ?

Les entreprises agiles, libérées bouleversent la sphère professionnelle en proposant un  modèle d’organisation non hiérarchique , plus proche d’un réseau distribué du style d’internet.

Cette évolution récente amène son lot de questions et d’interrogations et provoque pas mal de résistances. Par ailleurs les entreprises classiques ont de plus en plus de mal à séduire les jeunes et à leur donner envie de venir vers eux.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Tout démarre avec une génération Y, fille des baby-boomers. Cette génération s’illustre par le fait qu’elle a subi bon nombre de changement majeur de sociétés. Cette génération est la première pour laquelle la mondialisation est devenue une réalité, grâce à internet, il y a maintenant moins de différence de valeurs ou d’aspirations entre deux personnes de 30 ans à l’autre bout du monde, qu’entre deux personnes d’un même pays de 30 ans et 55 ans.

Les générations Y ont grandis avec une peur omniprésente du chômage et une préoccupation grandissante des enjeux écologiques. Cette génération a grandi dans un monde aux ressources vues comme limitées et fragilisées par les générations précédentes.

Bébés de la précarité, ils ont dû se raccrocher à des valeurs fortes comme la transparence, l’ouverture et l’adaptation permanente à l’environnement. Cette génération aux illusions de grandeur et de contrôle perdues, s’est vue confier un outil pour l’aider dans son adaptation au contexte de frugalité et de mondialisation, un cerveau externe.

Grâce aux téléphone et internet, cette génération a bénéficié pour la première fois de la possibilité, d’accéder à la connaissance immédiate. Toutes les informations sont trouvables rapidement et il est facile de les comparer, de les croiser pour éclairer ses choix. Ceci a transformé la façon qu’elle a d’appréhender le monde qui l’entoure et le monde professionnel n’y échappe pas.

Les Y ont développé de manière générale une relation singulière avec le monde de l’entreprise. Celle-ci se caractérise par une aversion vis-à-vis d’une hiérarchie perçue comme non légitime et qui a conduit le monde là où il en est. Cela se matérialise par une volonté de réinventer un monde différent, en rupture avec l’existant vu comme une impasse.

Les fausses promesses d’un progrès pour tous ont conduit à une perte d’illusion et de confiance envers l’entreprise. Cela a conduit la génération Y à préférer la passion plutôt qu’une fausse sécurité de l’emploi ou une fausse réussite matérielle au détriment des autres.

Ceci explique pourquoi l’entreprise traditionnelle a bien du mal à séduire cette génération. De fait, les Y sont exigeants et n’envisagent l’entreprise que dans le mode d’une collaboration sur une base d’égalité de droits et de devoirs.

La génération Z des moins de 20 ans, fille de la génération X, peut-elle sauver l’entreprise traditionnelle ?

Les enfants de la génération X ont vu leurs parents subir de pleins fouets le chômage de masse et n’ont pas du tout l’intention d’être dans le même mode sacrificiel qu’eux vis-à-vis du travail. Quand on leur demande comment ils perçoivent le monde de l’entreprise, ils parlent d’un monde cruel et sans pitié. Si on leur demande ce qu’ils feront plus tard, ils répondent à plus de 50 % qu’ils seront entrepreneurs.

Conscients que dans ce monde en perpétuelle évolution, ils devront faire une dizaine de métiers différents, ils préfèrent être l’instrument de leur propre réalisation et souhaitent ne compter sur personne pour cela. Même le système éducatif est remis en question, à quoi pourrait bien servir de longues études alors que 50 % des métiers disparaitrons d’ici à 15 ans et que 50 % des nouveaux métiers n’existent pas encore.

La génération Y et la génération Z partagent une même vision de l’entreprise, ils ont mis leurs valeurs au-dessus de la peur du changement. Ils préfèrent gagner moins, mais faire des choses qui leur plaisent, ils souhaitent agir avec du sens, s’accomplir avant de réussir et se moquent bien plus que leurs aïeux du regard des autres.

On est passé en 25 ans d’une génération X construire sur la subordination, à une génération Y basée sur la collaboration puis à une génération Z qui souhaite l’auto construction.

Les entreprises agiles, libérées peuvent-elles changer les choses ?

Revenons un instant, sur les fondements de ces entreprises :

Elles défendent le concept d’intra-preneur basées sur les valeurs auto-organisation et auto détermination.

Elles proposent de ramener la compétence de celui qui fait de manière centrale dans l’entreprise et de redonner du sens à l’action.

Elles proposent la transparence et l’égalité de traitement pour tous les acteurs de l’entreprise. Elles basent leur création de valeur sur la mixité et l’interrelation.

Enfin les mettent le développement de talents et des compétences et des envies de chacun comme un moyen de répondre aux enjeux d’innovation et d’adaptation permanente.

Cela ne sera peut-être pas suffisant, mais dans la mesure où ses structures sont aussi en évolution permanentes, le seul fait de laisser à ces générations la possibilité et l’envie d’y rentrer est une autorisation à les laisser inventer la suite de l’histoire.

Dans tous les cas, les Y et les Z représentent déjà 45 % de la population française et presque autant des actifs, cet avenir et ce pouvoir leur appartiennent d’ores et déjà.

Texte initialement posté par mes soins le 30/03/2016 sur le site des échos, qui a tendance à faire ce qu’il veut avec le droit d’auteur…

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